Matinée de détente et photographie au crépuscule
Après le lever plus que matinal de la veille, je me sentais peu enclin à démarrer à l’aube. J’ai donc un peu pris mon temps avant de me rendre à la bergerie. J’ai même tellement traîné que j’en ai même raté le lever de soleil. C’est donc un peu après que je suis arrivé sur place. Je n’étais plus allé à l’ouest de Saint-Jean-Pied-de-Port depuis plus de 10 ans et je ne savais pas vraiment ce que j’allais trouver. La bergerie se situe sur une montagne du nom de Jara. Elle n’est pas simple à trouver car elle est dans une zone densément boisée, ce qui la rend également invisible depuis la route, rendant Google Street View ou les cartes satellites d’aucune utilité. C’est sur les cartes IGN que j’ai pu la repérer grâce aux informations que la fille de ma logeuse m’avait fournies. Malgré cela, ce ne fut pas sans difficultés, car l’orthographe des noms de lieux est quelque peu changeante au Pays Basque. Il s’agit le plus souvent de transcriptions du Basque vers le Français avec parfois quelques fantaisies.
Passé Soroheta, la route qui monte au sommet devient, comme à chaque fois que l’on quitte les grands axes, une route très étroite et sinueuse. Et c’est dans une légère brume que je traverse les terres agricoles qui dominent le village. Enfin, après avoir passé une dernière ferme, j’arrive à un petit dégagement où je peux laisser ma voiture. Je prends quelques photos depuis la route pour profiter des dernières bonnes lumières avant de pénétrer sur le terrain où se situe la bergerie.




Une des indications que l’on m’avait fournies, était que l’entrée se faisait par un portail métallique. En fait de portail, cela ressemblait d’avantage à une barrière, de celles qui servent à fermer les champs, plus fonctionnelle qu’esthétique. J’étais donc devant celle-ci, la clé à la main, avec toujours un doute : “suis-je au bon endroit ?” , car de là où je me tenais, il n’était toujours pas possible d’apercevoir le moindre bâtiment. Le petit “clic” d’ouverture du cadenas finit de me rassurer. Après une trentaine de mètres au milieu des arbres, la bergerie m’apparait dans un écrin de verdure. Je sais, ça fait cliché ! Mais cette petite bâtisse de pierres roses au toit de tuiles semblait posée sur une terrasse d’herbe verte, parsemée de colchiques, sans doute protégées du soleil et du froid par le couvert des arbres. Les rayons de soleil qui filtraient à travers les branches rendaient la scène encore plus pittoresque. Je pourrais vous mettre une photo du lieu afin de vous épargner la description, mais d’agissant d’un espace privé je préfère m’abstenir.
Je me retrouvais rapidement devant la porte. Le bois des montants, du linteau et de la porte elle-même, avaient la patine de ces vieilles granges de montagne, qui portent les stigmates des frimas de l’hiver. La clé tourna sans souci dans la serrure indiquant que, malgré son aspect rustique, la porte dans son ensemble était bien entretenue. Seul le battant supérieur s’ouvrit ce qui après coup me sembla assez logique : c’est une ancienne bergerie, on peut ainsi ouvrir sans avoir des invités indésirables, principalement ceux à quatre pattes … La seule et unique pièce avait été aménagée simplement, juste l’essentiel pour dormir, manger et se chauffer. C’était le but recherché. C’était le mari de ma logeuse qui avait fait l’acquisition du terrain et de la bergerie. C’était un amoureux des montagnes basques, et de la vie simple. C’était son petit Eden en quelque sorte.
Après cette matinée relaxante, je suis retourné à Ispoure préparer une petite sortie photo pour le soir. J’avais l’intention de monter au col d’Haltza pour le coucher du soleil. C’est le premier col que l’on passe lorsque l’on monte vers Iraty. Je suis arrivé bien avant que le jour décline et j’y suis resté jusqu’à la nuit. L’idée étant de trouver une composition intéressante et de m’efforcer de ne pas trop la changer jusqu’à ce que l’heure dorée commence. Ça a donné ces quelques photos :









En redescendant vers Ispoure, j’ai encore croisé un petit groupe de biches. Cette fois elles avaient eu la délicatesse de se mettre sur le bord de la route.
Demain, je vais monter au sommet de l’Arradoy. Il s’agit de la montagne que je vois tous les jours en sortant de ma location. Il serait quand même dommage de ne pas aller voir à quoi ça ressemble avant mon départ, tant que la météo m’est favorable.