Iraty

Cette première journée dans la vallée de la Bidouze m’avait laissé un sentiment d’insatisfaction. J’avais pu me rassurer quant à ma condition physique : les lombaires et les genoux avaient tenu malgré mes 10 kg de matériel sur le dos et ce pendant près de 8h, et j’avais pu atteindre la cascade que je voulais photographier, mais un terrible constat s’était imposé à moi. J’étais venu trop tôt! L’automne commençait à peine et la grande majorité des arbres que j’avais pu voir sur le chemin étaient d’un vert terne virant sur le jaune et étaient encore loin du pic de couleurs auquel on peut s’attendre en automne. Et il me semblait difficilement concevable qu’ils changent complètement durant les 15 jours de mon séjour.

Selon le vieil adage, j’essayais de faire “contre mauvaise fortune, bon cœur” ou comme on dit dans la langue de Shakespeare “when life gives you lemons, make lemonade”. J’étais dans une région magnifique avec des montagnes, le bord de mer à à peine plus d’une heure, et la frontière espagnole à 15mn. Il y avait certainement de beaux paysages à découvrir, de belles marches à faire, donc “hauts les cœurs!”

De plus, mon aimable logeuse, du haut de son balcon et de ses 89 ans, m’avait rassuré en me disant qu’effectivement cette année l’automne était plus tardif mais qu’en général, avec les premières gelées, qui ne sauraient tarder en cette fin octobre, les arbres allaient commencer à changer de couleurs. Ce qui m’a fait penser que puisque c’était une question de température, il était probable que plus haut dans les montagnes, la végétation aurait un aspect plus en accord avec mes attentes. La température décroissant de 0,6°C à 1°C tous les 100m que vous montez, en dépassant les 1000 m d’altitude il était quasi certain qu’il avait déjà dû y avoir des gelées et que donc les arbres auraient cette couleur rouge tant désirée.

Comme j’avais déjà prévu d’aller faire un tour du côté du plateau d’Iraty-Cize (1015m) durant mon séjour, pourquoi ne pas m’y rendre dès le lendemain pour vérifier cette hypothèse. Je trace donc une boucle sur Géoportail afin d’avoir une idée plus précise de ce qui m’attend.

Et pour vous faire partager un peu cette journée de marche, voici une vidéo :

En définitive, cette boucle de 9 km était sympa mais photographiquement parlant, je dois dire que j’ai eu du mal à trouver mon bonheur. Les conditions météo ne jouaient guère en ma faveur. Le ciel était resté couvert la plus grande partie de la journée. De plus, le début de l’ascension m’avait laissé penser que j’allais ne trouver que des arbres dans leur tenue automnale, mais il s’est avéré que les pluies torrentielles de la semaine précédente et les vents violents qui les avaient accompagnés avaient fait tomber la plupart des feuilles. Le chemin en était jonché mais, hélas, il en restait bien peu accrochées aux branches des hêtres, ne me laissant à photographier que des squelettes d’arbres.

Cependant, j’ai vraiment apprécié ces 7 heures de solitude à marcher au milieu des arbres. Et, oui, il m’a fallu environ 7 heures au lieu des 3h22 indiquées. Il faut dire que je m’arrête sans cesse afin de tester des compositions, sans compter tous les allers et retours pour me filmer, et parfois je m’arrête simplement pour profiter de ce qui m’entoure, alors évidemment ça prend un peu plus de temps. Mais cette balade sur les flancs boisés qui bordent le plateau m’ont permis d’éliminer tout un secteur. C’était un repérage avant tout. Je savais que je ne referais pas la première partie de la boucle parce que sans intérêt d’un point de vue photographique. En revanche, j’avais pu voir qu’il m’était possible de monter plus haut vers Okabe, le mont qui se situe au-dessus à 1466m, où on peut voir des cromlechs, et que la dernière partie de la descente était digne d’intérêt. Notamment, la toute fin de celle-ci qui se fait à travers une hêtraie dont les arbres qui, bien qu’aillant perdu beaucoup de leur feuillage, présentaient des formes qui avaient attiré mon attention. Je décidais donc de monter à Okabe sous peu, en passant par ce bois de hêtres. Mais cela devrait attendre quelques jours, car j’avais en tête quelque chose de moins physique pour le lendemain.

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