La Bidouze
Comme prévu, je me rends du côté d’Arla, sur la commune de Saint-Just-Ibarre, pour cette première journée d’exploration photographique. Il fait encore nuit noire quand je quitte Ispoure, enveloppé par un léger brouillard, et environ 30 minutes plus tard, je me trouve sur un petit parking après avoir suivi des routes qui devenaient de plus en plus étroites. Je me prépare avec une certaine excitation pour cette première sortie, alors que les premières lueurs du jour naissant commencent lentement à me révéler tout ce qui m’entoure. La première chose qui me frappe est le fracas de la rivière. Avec les pluies de la veille, ce qui n’était qu’un ruisseau lorsque j’avais visité cet endroit quelques années plus tôt, était devenu un véritable torrent. La cascade que je m’étais fixée comme objectif devait donc être bien plus impressionnante que lors de ma dernière visite. Mais plutôt que de vous décrire en détails cette sortie voici quelques images:
Pour situer un peu, la Bidouze est un des affluents de l’Adour. Elle prend sa source dans un lac souterrain et sort d’une grotte dans cette petite vallée. Elle court sur 82,4 km en de nombreux méandres, avant de se jeter dans le fleuve près de Bayonne, à Guiche.
J’étais venu au Pays Basque pour photographier les feuillages d’automne mais comme vous avez pu le constater, la nature était encore bien verte et ce matin-là, le brouillard avait décidé de rester dans une autre vallée. La première partie de la balade est plutôt facile. Cela monte doucement sur plusieurs kilomètres mais, passé le petit pont qui enjambe la Bidouze, le terrain se fait plus difficile : plus pentu, et avec les pluies torrentielles de la veille, plus boueux aussi et donc plus glissant. D’autant que l’eau, choisissant toujours le chemin le plus facile, avait transformé le sentier en petit affluent de la rivière. J’oublie de mentionner que j’ai presque failli faire demi-tour parce que le chemin était barré par la chute d’un arbre et que je ne voyais pas trop comment passer. Heureusement, la journée avançant, le sentier était plus fréquenté et, après avoir discuté avec un couple qui montait à la source, j’ai entrepris de les suivre en passant plus haut, au-dessus de l’arbre déraciné. J’ai glissé, me retrouvant à 4 pattes dans la boue et les feuilles mortes (c’est là que les bâtons de marche m’auraient été utiles). Après il a fallu se faufiler entre les arbres et traverser un torrent qui par chance était à sec, avant de retrouver le sentier. Mais quand enfin j’arrivais à la cascade, tout cela n’avait plus d’importance tant le spectacle qui s’offrait à moi dépassait mes espérances.
J’avais découvert cet endroit 2 ans auparavant, lors de notre dernier séjour et à l’époque, c’était en juin, la cascade se résumait à un filet d’eau coulant entre les rochers, mais j’y avais vu une potentielle photo d’où l’idée de revenir. A titre de comparaison, ci-dessous les photos de la cascade prises en juin 2022 et celles d’octobre 2024.
En voyant la vidéo de la grotte que j’avais fait la première fois, je me dis que j’aurais dû pousser un peu plus loin, au moins pour voir si les feuillages étaient plus rouges là-haut. Mais bon c’est comme ça! Il est parfois difficile de faire les bons choix sur le moment. En particulier, quand vous commencez à ressentir la fatigue et la faim. Cela faisait déjà 6h que j’étais sur ce sentier et il fallait encore retourner au parking, ce qui allait encore prendre une bonne heure et demie à condition que je ne m’arrête pas pour faire quelques photos sur le chemin du retour.