Parfois, ça craint!
Eh oui, parfois, rien ne se passe comme prévu, comme vous allez pouvoir le découvrir dans la vidéo plus bas. J’avais bien fait d’en profiter la veille !
La journée avait déjà commencé sous de mauvais auspices. Le brouillard annoncé ne s’était pas manifesté ailleurs que dans les environs de Saint-Jean, et l’heure de trajet pour me rendre aux gorges d’Olhadubi s’était avéré assez pénible. Et encore, j’avais opté pour la route la moins dangereuse. On peut aller à la passerelle d’Holzarte depuis Saint-Jean en passant par les cols d’Iraty, mais j’avais le souvenir que c’était extrêmement stressant, et ce à raison comme j’allais le voir plus tard pendant ce séjour. Elle est certes plus courte en terme de kilomètres, mais ne fait gagner que quelques minutes à cause des nombreux lacets et de l’étroitesse de la chaussée. Je m’étais dit que, partant de nuit, il était plus simple de prendre la route la plus large et la plus sûre puisque le temps de trajet restait quasiment le même.Cependant, le “grand tour” implique la traversée de quelques villages.
Alors que j’entrais dans l’un d’eux, un chien s’est littéralement jeté au devant de ma voiture, m’obligeant à freiner brutalement. Au lieu de déguerpir, le canidé s’est planté dans mes phares et s’est mis à aboyer. Je ne savais plus quoi faire. Il ne faisait pas encore jour, et j’étais là, dans un petit village de montagne, avec ce chien écumant qui semblait vouloir en découdre. Je n’osais évidemment pas klaxonner vu l’heure matinale. J’ai donc essayé d’avancer doucement pour le forcer à bouger. Mais rien n’y faisait ! Cet animal borné ne voulait pas s’écarter d’un pouce et aboyait à plein poumons, au risque de réveiller tout le voisinage ! Après ce qui m’a semblé une éternité, j’ai donc entrepris de le contourner. Vu comment il a réagi, j’étais heureux qu’il y ait quelques centimètres de tôle entre lui et moi. Ce chien, de toute évidence perturbé, s’est presque jeté sur ma voiture en aboyant de plus belle. J’ai jeté un œil dans mon rétroviseur afin de m’assurer que je ne l’avais pas heurté, pour en fait m’apercevoir que l’énergumène se lançait à ma poursuite. Vous devez vous dire que l’effrayante créature devait être un de ces molosses qui parfois gardent les fermes. Il n’en était rien, c’était un chien de berger de type border collie. J’ai remis les gaz sans demander mon reste.
La dernière demi-heure de route s’est faite sans encombre, mais arrivé au parking sur lequel je comptais me garer, à savoir celui de l’auberge qui se trouve près de l’entrée des gorges, des chaînes avaient été installées en travers de l’accès avec, encore une fois, un panneau “réservé à la clientèle”. On était hors saison, et le parking était vide donc pas un client à dormir sur place ! Passons … En arrivant, j’avais vu un autre parking un peu plus bas près de la rivière. J’ai donc fait demi-tour et me suis garé. Cela m’obligeait à remonter la route sur 200m pour atteindre l’entrée des gorges, mais c’était ça ou rebrousser chemin.
Le ciel était gris et menaçant, laissant présager de la pluie. Donc, après m’être équipé en conséquence : pantalon de pluie, veste de pluie etc … j’attaque ma promenade du jour.
Ce qui n’apparait pas forcément dans la vidéo, c’est que le sentier était vraiment boueux et la section la plus raide était très glissante. Les roches affleurantes étaient couvertes de boue à certains endroits à cause du passage des randonneurs, et la petite bruine qui s’était mise à tomber n’arrangeait pas les choses. Il fallait vraiment avancer avec précaution. J’avais donc mis mon matériel à l’abri dans mon sac à dos, donc pas de photo, ni de vidéo pendant ce passage. Malgré tout ça, ma motivation restait intacte : je voulais des plans au drone au-dessus des gorges !
Une fois la partie la plus raide passée, le sentier s’élargit et monte plus doucement, ce qui m’a permis de faire quelques photos dont celle-ci que j’aime bien:
Les randonneurs commençaient à se faire plus nombreux et, arrivé au bord des falaises, je me suis dit qu’il était temps de sortir le drone. Après quelques plans au-dessus des gorges, j’ai pensé qu’un plan en “orbite” serait sympa. C’est là qu’un homme dans la trentaine est venu me parler. J’avais sans doute pris trop de confiance avec le drone les jours passés, et j’ai probablement été déconcentré par notre conversation : j’aurais du lâcher les commandes pour que le drone se mette en vol stationnaire, mais je crois surtout que, même si j’avais été seul, j’aurais quand même crashé le drone car j’avais mal estimé la distance des arbres… Ce jeune homme (et oui, maintenant je peux dire ça…) n’était en rien responsable du crash. Cependant, il se sentait responsable et m’a donc aimablement aidé à le chercher. Heureusement, ce type de drone est équipé d’un traqueur GPS et je pouvais voir sur mon écran où il se situait à quelques mètres près.
Si le drone s’était trouvé en bordure du précipice, je l’aurais laissé, parce qu’il aurait été trop dangereux d’aller le chercher. Je n’avais pas vraiment envie de finir 180 mètres plus bas, au fond des gorges. Quelqu’un m’a dit une fois que j’avais la poisse, ce que je réfute. J’ai toujours eu de la chance dans mon malheur comme on dit, et là encore cela s’est avéré exact. Même si lors de nos recherches le drone a fini par s’éteindre, la batterie ne durant qu’une trentaine de minute, j’avais pu me faire une bonne idée de l’endroit où il était. Et par chance, il se trouvait quelques mètres au-dessus du sentier. Il nous a fallu grimper un peu à travers ronces et broussailles mais, après quelques minutes, je l’ai repéré au milieu des feuilles mortes. Résultat des courses : simplement quatre pales cassées sur les huit, et j’en avais de rechange. Il fallait encore que je recharge les batteries pour savoir s’il n’y avait aucun souci avec la caméra. Après avoir remis mon drone dans mon sac, le sympathique trentenaire a repris sa rando. Quant à moi, après toutes ces émotions, je dois avouer que la motivation n’était plus vraiment là. J’ai repris le chemin en sens inverse pour regagner ma voiture. J’ai bien tenté quelques photos pendant la descente mais le cœur n’y était plus.
Arrivé au parking, j’ai vu que Jérôme, le jeune homme qui m’avait aidé à retrouver mon drone, était lui aussi en train de se changer. Je suis allé le voir pour lui proposer d’aller boire un verre à l’auberge pour le remercier. Bon, le nom d’auberge est un peu exagéré dans ce cas : service inexistant, les boissons à l’exception de la pression sont en canette et le patron n’est pas très avenant…mais dans ce cas ça ferait l’affaire. Après une heure à discuter, nos chemins ce sont séparés là.
En reprenant la route, un chien, encore un, a déboulé de je ne sais où et a traversé devant ma voiture ! Décidément, il faudrait penser à attacher vos chiens !!! Celui-ci était un chien de traineau, un gros malamute je pense.
Quant à mon drone, je n’ai hélas pas pu m’en resservir pendant le reste de mon séjour parce que le fabriquant, comme je l’ai découvert plus tard sur le net, colle les vis qui tiennent les pales. Il vous fournit un tournevis en vous disant qu’il ne faut utiliser que ce dernier, mais rend le démontage des hélices impossible. En forçant pour les retirer, j’ai abimé le tournevis et le puits dans lequel est inséré la vis. Après, je dois reconnaître que leur SAV est impeccable, parce qu’une fois rentré à Rennes, je les ai contacté, et en une semaine, j’avais un drone tout neuf. Ils ont reconnu implicitement que le problème venait de chez eux et comme le drone était encore garanti, ils ont décidé de m’en renvoyer un neuf après que je leur ai renvoyé l’ancien pour inspection.