Les Asturies : encore une claque!

Je vous épargne la journée du vendredi que j’ai essentiellement passé à regarder tomber la pluie par la fenêtre de mon logement. Une journée consacrée au nettoyage et au rangement de ce dernier, et à récupérer les heures de sommeil perdues pendant cette semaine.

Malheureusement, le lendemain matin, la météo était tout aussi mauvaise. J’ai donc patienté durant toute la matinée pour rendre les clés avant de partir pour Oviñana, le nouvel endroit que j’avais choisi pour passer les derniers jours du mois d’avril. C’est à moins d’une heure de Ribadeo par l’autoroute et, n’étant pas attendu avant 14h, je pouvais donc prendre tout mon temps sur la route.

J’avais choisi cet localité pour sa proximité avec deux endroits que je voulais voir. L’un d’entre eux avait particulièrement attiré mon attention, notamment par les photos d’un photographe écossais du nom d’Alister Benn. J’avais fini par trouver le nom exact du lieu, car à part le fait qu’il était situé dans les Asturies, je n’avais pas beaucoup d’information.

J’arrive donc en début d’après-midi dans ma nouvelle location, et je dois dire que je suis agréablement surpris par le standing de l’appartement : douche à l’italienne, lit king size, cuisine tout équipée, grand séjour/salle à manger/ cuisine tout carrelé, chambre sur parquet, etc… et trônant au milieu de la table, un saut à champagne avec une bouteille de cidre toute fraîche. Au début, j’ai vraiment cru qu’il s’agissait de champagne, et à vrai dire, j’étais même prêt à la renvoyer à la réception. Je ne suis pas vraiment amateur. Le cidre me convient mieux.

Je commence par m’installer et, bien que la météo commence à s’améliorer, le ciel reste chargé de nuages de pluie. Donc autant rester là, et en profiter pour faire un bon nettoyage de mon matériel photo, qui après une semaine d’embruns, en a grand besoin.

Tandis que je nettoie les divers éléments de mon appareil photo, je perçois un changement de luminosité dans l’appartement. Je vais donc jeter un œil par la fenêtre et m’aperçois que, lentement, le ciel semble se dégager. Des petits coins de ciel bleu apparaissent par endroit. Encore une fois, je suis là pour la photo, alors autant mettre à profit cette accalmie pour faire un repérage.

Je remballe tout mon matériel et en une dizaine de minutes, je me retrouve dans un petit village à chercher un stationnement pour ma voiture. Je la laisse sur un espace dégagé sur le bas-côté, ne trouvant pas de parking, et commence à me préparer. Le ciel continue de s’éclaircir, bien que de gros cumulus continuent de filer vers l’Est. Génial! Les transitions entre différents systèmes météorologiques sont souvent les meilleurs moments pour la photographie de paysage. Je m’engage donc sur le chemin. D’abord entre des maisons traditionnelles avec leur grenier à grain (hórreo) qui ressemble à une petite maison sur pilotis - de nos jours, les hórreos servent très souvent de carport comme ils sont assez surélevés pour abriter une voiture - puis, sur un chemin agricole pour enfin arriver dans un bois d’eucalyptus. Les eucalyptus sont omniprésents dans les Asturies comme en Galice mais ne sont absolument pas originaires de la région et posent même certains problèmes. Je ne vais pas m’étendre sur la question mais vous pouvez lire ce petit article de France TV info qui vous donnera une idée de ce dont je parle.

Je traverse le bois pour arriver sur la falaise, et j’emprunte l’étroit escalier en lacets et là, je n’ai plus de mots pour décrire ce que j’ai devant moi. Le mieux c’est encore de vous le montrer.

En fin de compte, j’y passerai le reste de l’après-midi jusqu’à l’heure dorée. Le retour ne se fait pas sans effort : les escaliers sont vraiment très raides et mon genou gauche me lance dès que je monte des marches (ce n’est pas beau de vieillir!), mais j’ai bien l’intention d’y revenir demain matin et le surlendemain aussi. En bref, tous les matins jusqu’à mon départ.

Si je le pouvais, je m’imprégnerais de ce paysage jusqu’à ce qu’il fasse partie intégrante de mon être pour pouvoir le convoquer à ma guise. Je sais que cela peut paraître exagéré mais je ne sais comment décrire le sentiment que j’ai eu à cet instant. Les souvenirs s’estompent malheureusement, mais fort heureusement les images restent, même si elle n’ont pas cette saveur. Le fait même de vous en parler me ramène à ce moment précis où j’ai vu ce panorama pour la première fois, et je sens monter cette même émotion. Vous savez, quand la gorge se noue, que vous sentez les larmes monter et que vous ne savez plus si c’est de joie ou de tristesse. Oui, de tristesse, la tristesse de savoir que ça ne se reproduira pas, parce que chaque instant vécu est unique et celui-là était juste parfait. On me dira : ” Tu en vivras d’autres!” et de cela, j’en suis certain. J’en ai vécu avant et j’en vivrai d’autres après, mais ça ne sera pas celui-ci, car ce lieu, tout comme moi, ne sommes déjà plus les mêmes. C’est sans doute pourquoi j’ai décidé de faire de cette expérience un blog, parce qu’en écrivant, je revis tous ces instants passés. Et mon intérêt pour la photographie participe de la même envie de vivre et de revivre a posteriori des instants comme celui-ci. Je sais, c’est très banal.

Donc demain matin, je referai le même trajet en espérant que cela sera tout aussi intense… On verra bien…

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